Jacky Le Menn

Source : Ouest-France

La poussée de gauche aux sénatoriales profite à Jacky Le Menn (PS), élu dimanche dernier. En revanche, Catherine Jacquemin (UMP) manque de peu son entrée au Sénat. Les élections sénatoriales signent une belle revanche pour Jacky Le Menn. Après la défaite de sa liste aux dernières municipales, face au maire sortant René Couanau, il rebondit de manière spectaculaire en devenant sénateur. Pour ce militant socialiste de la première heure, c'est le couronnement d'une longue carrière politique. À 66 ans, après avoir occupé bien des mandats locaux, il décroche son bâton de maréchal.


« Je resterai conseiller général »
« Ce n'est pas seulement ma victoire, mais une consécration pour l'ensemble de la gauche malouine », souligne Jacky Le Menn, qui attribue ce bon score à deux facteurs. « D'abord, l'implantation de la gauche, qui n'a cessé de progresser au fil des années. Ensuite, ces sénatoriales reflètent l'inquiétude grandissante des élus locaux face à la politique du gouvernement qui remet en cause les services publics. »

Jacky Le Menn se retrouve donc parlementaire, comme son rival de toujours, René Couanau. La Cité corsaire est désormais représentée aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. « Je resterai conseiller général, mais je ne sais pas encore si je vais conserver la vice-présidence des affaires sociales, car mon emploi du temps risque d'être trop chargé. » Réponse dans le courant de la semaine, après en avoir discuté avec Jean-Louis Tourenne, le président du conseil général.

« C'est le premier parlementaire socialiste dans l'histoire de Saint-Malo, du jamais vu », s'enthousiasme Isabelle Thomas, avec un regret tout de même, celui de ne pas figurer sur la liste victorieuse. Cette élue de l'opposition municipale, également conseillère régionale, était candidate à la candidature.

Mais le PS a préféré mettre en selle Virginie Klès, maire divers gauche de Châteaubourg, sans carte au PS. « On espère qu'elle deviendra socialiste à son tour », lance Isabelle Thomas, pour refermer la parenthèse.

En face, c'est la déception pour Catherine Jacquemin. L'adjointe de René Couanau briguait un fauteuil au Sénat, avec des chances réelles d'être élue car elle figurait en deuxième position sur la liste UMP menée par Dominique de Legge.

La poussée de la gauche a été trop forte. « Je ne peux être que déçue et effarée des résultats, qui ne reflètent pas la réalité locale, confie-t-elle. Je respecte Jacky Le Menn et travaille avec lui depuis longtemps, mais je pense qu'il a été le premier surpris. »

Contexte national
Catherine Jacquemin avance le contexte national pour expliquer le mauvais score de la droite. Durant la campagne, elle a rencontré des centaines d'élus locaux dans tout le département.

« La plupart éprouvent un grand sentiment d'angoisse parce qu'ils craignent pour la proximité et les services publics. Je suis dans le camp des réformateurs, mais je regrette le manque de concertation avec les élus locaux. On ne sait pas aujourd'hui expliquer les choix du gouvernement. »

Olivier BERREZAI et Gérard LEBAILLY. Ouest-France