Jonathan Debauve » Réinventons Saint-Malo

Archive pour mai 2007

Vendredi 25 mai 2007 | Ancien blog

Ouvrons les yeux !

Mon choix est fait, je voterai Isabelle Thomas. J’ouvrirai les yeux sur le tiers des SDF âgés de 18 à 25 ans, sur les 100 000 étudiants au-dessous du seuil de pauvreté, sur la moitié des étudiants qui travaillent pour financer leurs études, sur la moitié des jeunes diplômés à qui on ne propose qu’un emploi précaire, sur ces jeunes couples actifs qui se logent dans des campings.
• Les jeunes du Pays Malouin ne sont pas épargnés, bien au contraire. Le travail sur Saint-Malo? Il est le plus souvent précaire à cause du tourisme, pari du développement économique proposé par René Couanau. Les études sur Saint-Malo? Un IUT qui propose trois filières. Alors les jeunes du Pays Malouin s’en vont. Ils partent sur Rennes, sur Saint-Brieuc ou plus loin et ils ne reviennent pas. Depuis 1990, deux tranches d’âge sont de moins en moins représentées dans la circonscription: les moins de 20 ans et les 20-40 ans. Alors, il est peut-être temps de mettre un terme à cette politique de l’échec. L’avenir du Pays malouin comme l’avenir de la France, ce sont tous ces jeunes qui demandent un travail, un logement décent, du respect. Ouvrons les yeux! Ne laissons pas la droite détruire ce qui nous reste. Nos universités, malgré un état de plus en plus déplorable, malgré des frais d’inscription exorbitants pour les étudiants modestes, assurent encore un minimum d’égalité entre les jeunes.
• Ne croyez pas ce discours selon lequel les jeunes ne veulent pas de réformes ! Nous acceptons le changement, mais nous voulons conserver ce qui est essentiel, à nos yeux : la protection sociale, l’entraide, la solidarité. En votant pour une candidate qui incarne ces valeurs nous ne défendons pas une situation personnelle mais nous pensons agir pour le bien de toute la société.

Mardi 22 mai 2007 | Ancien blog

La vague bleue ?

Franchement, ça ne se fait pas !
• Déjà, ce n’est pas très poli et puis, quand même 16 790 611, ça n’est pas rien…
• Vous vous demandez de quoi je parle ? Et bien, de ce qu’on entend depuis plus d’une semaine à la télé comme à la radio et qu’on lit un peu moins dans les journaux ! Oui, selon certains journalistes, les jeux sont faits. Alors peut être que la gauche ne part pas avec un avantage lors de cette élection: c’est certain. Mais de là à parler de vague bleue, il ne faut pas non plus se moquer du monde. 47% des français votent pour Ségolène Royal, mais on fait comme s’il n’y avait pas d’élections législatives. M. Sarkozy, j’imagine que vous les supprimerez si vous cautionnez cela, non ? Un dernier petit message pour nos médias : on a compris, Nicolas Sarkozy aime le jogging… plus besoin de le montrer à chaque journal, ces actions politiques nous suffiront.

Vendredi 18 mai 2007 | Ancien blog

Le gouvernement de François Fillon

François FillonVoilà, c’est fait. Le gouvernement est en place. De nombreuses mauvaises surprises mais on fera avec… N’oubliez pas. Les 10 et 17 juin, nous pouvons tout changer. Regardez le ministre le plus proche de votre domaine: vous croyez sincérement qu’il fera quelque chose pour vous ? Par exemple, je suis étudiant… ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur… Valérie Pécresse. Oh non! Pas de chance. J’espère que le 17 juin, je serai plus chanceux !

Premier ministre
François Fillon, UMP, 53 ans.

• Ministre d’Etat, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable
• Alain Juppé, UMP, 61 ans.

• Ministre de l’économie, des finances et de l’emploi
• Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.

• Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités locales
• Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.

• Ministre des affaires étrangères et européennes
• Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.

• Ministre de l’immigration , de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement
• Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.

• Ministre de la justice
• Rachida Dati, UMP, 41 ans.

• Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité
• Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.

• Ministre de l’éducation nationale
• Xavier Darcos, UMP, 59 ans.

• Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche
• Valérie Pecresse, UMP, 39 ans

• Ministre de la défense
• Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.

• Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
• Roselyne Bachelot, UMP, 60 ans.

• Ministre du logement et de la ville
• Christine Boutin, UMP, 63 ans.

• Ministre de l’agriculture et de la pêche
• Christine Lagarde, 51 ans.

• Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement
• Christine Albanel, 51 ans.

• Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique
• Eric Woerth, UMP, 51 ans.

• Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre
• Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.

• Secrétaire d’Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre
• Eric Besson, ex-PS, 49 ans.

• Secrétaire d’Etat aux transports, auprès du ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable
• Dominique Bussereau, UMP, 54 ans.

• Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes
• Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.

• Hors gouvernement
• Martin Hirsch, 43 ans, président d’Emmaûs-France, est nommé haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés.

Lundi 14 mai 2007 | Ancien blog

Nicolas Sarkozy inquiète les médias

Source : LeMonde.fr

• La victoire de Nicolas Sarkozy pose des questions dans de nombreuses rédactions. En cause, les amitiés entretenues par le nouveau président de la République avec des hommes d’affaires présents dans les médias comme Arnaud Lagardère, dirigeant du groupe du même nom (Elle, Paris Match, Journal du dimanche, Europe 1…), Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde, Martin Bouygues, propriétaire de TF1, Vincent Bolloré (Matin plus, Direct 8), ou Bernard Arnault, propriétaire de La Tribune…

Avant même l’épisode du retrait de l’article sur le vote de Cécilia Sarkozy, des journalistes du JDD avaient fait part de leur inquiétude. « Ce serait bien de rappeler les principes d’indépendance et de non interventionnisme », déclarait ainsi au Monde un journaliste interrogé avant que cette affaire soit révélée. « Des pressions il y a en a, les coups de téléphone du samedi matin, du samedi soir, venant souvent de la direction du groupe », confirme un salarié.

• Les inquiétudes sont vives également chez Lagardère Active, Arnaud Lagardère (actionnaire du Monde) présentant Nicolas Sarkozy comme son « frère ». La société des journalistes de Paris-Match a rappelé, le 4 mai, que « la responsabilité vis-à-vis des lecteurs est (notre) seul guide ».  » Cet impératif prime sur tous les autres, en particulier, sur d’éventuelles tentatives de l’actionnaire majoritaire, des politiques, des annonceurs ou des pouvoirs publics de faire pression sur le contenu ».

• Cette prise de position intervient après qu’une partie de la rédaction eut manifesté son désaccord en découvrant le projet de couverture du numéro du 25 avril, après le premier tour de l’élection, montrant Nicolas Sarkozy enlaçant son fils Louis. Une délégation de journalistes avait alors rencontré Olivier Royant, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire, et Christian de Villeneuve, directeur général des rédactions du pôle magazines du groupe Lagardère, pour leur faire part de leur désapprobation, mettant en avant que Paris Match n’a quasiment jamais fait sa Une sur un candidat entre les deux tours de la présidentielle, à l’exception de 2002. C’est finalement le comédien Jean-Pierre Cassel, qui venait de mourir, qui a eu droit à la couverture, Nicolas Sarkozy exigeant que la photo de son fils soit floutée. Il y a un an, Alain Genestar, directeur général de la rédaction, avait été licencié pour avoir publié en une, le 25 août 2005, une photo de Cécilia Sarkozy au côté du publicitaire Richard Attias.

• L’ambiance est tendue également à Europe 1, plusieurs journalistes reprochant une « trop grande proximité » du PDG Jean-Pierre Elkabbach avec le pouvoir. A ces inquiétudes, une porte-parole de Lagardère Active répond : « les maîtres mots dans les rédactions sont l’indépendance éditoriale, l’équilibre et le professionnalisme ».

• « Tous les journalistes sont attentifs souligne François Malye, président du Forum permanent des sociétés de journalistes, qui regroupe les sociétés de 25 rédactions. Nicolas Sarkozy a montré qu’il aimait contrôler les choses. Actuellement, les journalistes ont tendance à se montrer moins résistants, et les journaux ne sont globalement pas en très bonne santé économique. L’inquiétude de fond est que les perquisitions, les instructions, les interrogatoires… deviennent la routine ». M. Malye fait référence à la tentative de perquisition au Canard Enchaîné, vendredi 11 mai. Le Forum « condamne ce type d’action dont le seul but est d’identifier les informateurs des journalistes, alors que le secret des sources est l’un des principes fondamentaux de l’exercice du métier de journaliste ».

• Dans son dernier livre Une campagne off (Albin Michel, 18 euros), Daniel Carton rapporte une conversation de Nicolas Sarkozy avec la direction du Figaro Magazine, lors d’un déjeuner. « Je sais déjà ce que je ferai sitôt à l’Elysée : je m’occuperai personnellement de Jean-François Kahn (président de Marianne) », aurait, selon l’auteur, déclaré Nicolas Sarkozy. Pendant la campagne, l’hebdomadaire a publié un numéro spécial diffusé à 500 000 exemplaires et titré : « Le vrai Sarkozy, ce que les grands médias ne veulent pas où n’osent pas dévoiler ».. La direction de Marianne réagit sereinement. « Nous n’avons aucune crainte particulière, nous ne faisons pas de procès d’intention, explique Maurice Szafran, directeur du journal. En revanche, le traitement de l’élection par le groupe Hachette m’a frappé car ce n’est pas sa tradition. La campagne de Sarkozy vue par Match relève de la presse soviétique des années 1950, dans les légendes, les façons de titrer ».

• Du côté de France Télévisions, la société des journalistes se souvient de la colère de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France 3, le 28 mars, qualifiant de « malhonnête » un reportage sur la fabrication des passeports biométriques. Le retour à l’antenne de Béatrice Schönberg, la présentatrice des JT du week-end de France 2, pose aussi des questions au sein de la rédaction.

• Prévu le 18 mai, ce retour coïncide avec l’annonce du nouveau gouvernement dans lequel devrait figurer en bonne place son mari Jean-Louis Borloo.

• Pascale Santi

Dimanche 6 mai 2007 | Ancien blog

Nicolas Sarkozy est le nouveau président

Il est 20:45. Nicolas Sarkozy vient de finir son discours d’investiture.
• Je souhaite féliciter ce soir, tous les militants de l’UMP et Nicolas Sarkozy qui ont fait une excellente campagne et qui sont parvenus ce soir à battre le projet que nous défendions. Mais je veux aussi remercier tous les militants – dont je suis – qui ont soutenu Ségolène Royal pour la bonne campagne que nous avons fait… Demain, j’espère que Nicolas Sarkozy améliorera le futur de la France même si je n’y crois pas vraiment. Nous, socialistes, devons réformer notre parti, assumer la défaite, ne pas accabler Ségolène Royal qui a mené une bonne campagne, et maintenir une opposition forte aux projets auxquels nous sommes hostiles.

Bonne chance M. Sarkozy.
• Merci Ségolène Royal…

Dimanche 6 mai 2007 | Ancien blog

Résultats du second tour des élections présidentielles 2007

Vous ne voyez pas cette vidéo : cliquez ici

Jeudi 3 mai 2007 | Ancien blog

Jean-Marie Colombani (Le Monde) votera Ségolène Royal.

Source : LeMonde.fr

Deux France, par Jean-Marie Colombani

Il n’est un secret pour personne que Nicolas Sarkozy aborde le second tour de l’élection présidentielle en position de force. Les sondages le donnent invariablement vainqueur, et le face-à-face télévisé tant attendu n’a pas été de nature à renverser, à lui seul, le cours de la campagne.
• La tentation peut être grande, dans ces conditions, de se projeter au-delà, de considérer que nous sommes déjà entrés dans l’ère Sarkozy. Au contraire, l’importance de l’enjeu – l’amorce d’une phase nouvelle de notre histoire politique, le choix d’un modèle de société – incite à réaffirmer que chaque voix compte.

Les sondages ne sont pas l’élection. Et celle-ci, quel qu’en soit le résultat, crée à son tour un rapport de forces dans le pays qui influencera l’attitude de l’heureux(se) élu(e) dans son mode de gouvernement comme dans son appréhension de la diversité des aspirations de la société française.

• De ce point de vue – et même si le duel télévisé, beaucoup trop technique et manquant d’ampleur, ne l’a pas fait apparaître avec suffisamment de clarté et l’a même, à certains égards, masqué -, il y a bel et bien en présence deux France, deux visions de la société.

• Elles étaient parfaitement visibles lors des deux grands meetings parisiens des candidats : le public de Bercy montrait une société homogène; celui de Charléty une société plus diverse, plus colorée. Dans le premier cas, beaucoup d’inclus; dans le second, beaucoup d’aspirants à l’intégration, de candidats à intégrer cette classe moyenne dont le sort reste une des clés de l’avenir.

• La mondialisation, on le sait, si elle donne du travail à des centaines de millions d’êtres humains, comporte un risque : la distribution des bénéfices n’est pas égale. Entre les pays. Mais aussi au sein même de chaque pays, en brisant les équilibres sociaux, en remettant en route la machine à inégalités qu’un demi-siècle d’Etat-providence avait inversée.

Ascenseur social en panne

• La question posée dans toutes nos sociétés développées est donc celle de la classe moyenne qui, hier, voyait ses revenus grossir avec l’âge et était assurée que ses enfants auraient une vie meilleure, et qui voit aujourd’hui sa feuille de paie bloquée et ses enfants passer de stage en stage malgré les sacrifices faits pour leur éducation. L’ascenseur social est en panne non seulement pour ceux qui sont au bas de l’échelle, mais pour une partie toujours croissante de cette classe moyenne.

• Malgré une lisibilité insuffisante, le projet de Ségolène Royal est tout entier centré sur cette problématique. Et c’est avec raison qu’elle fait de la refonte du dialogue social la clé du retour de la confiance. Les relations de méfiance, en France, entre les entreprises, l’Etat et les salariés ont non seulement un coût, mais sont aussi un obstacle au retour de la croissance.

• La crise de la valeur travail, selon Ségolène Royal, n’est pas celle du désir individuel de travailler, mais celle de la capacité à travailler ensemble. Son dispositif tend tout entier à remettre en confiance les classes moyennes, à leur redonner une mobilité qui fait défaut, en même temps que la réassurance que donne, à celles-ci, des services publics puissants et modernisés.

• Nicolas Sarkozy, au fond, a une vision plus « américaine », en ce sens que les dispositifs qu’il imagine (notamment fiscaux : le bouclier fiscal à 50 % n’est jamais qu’une façon d’éliminer de fait l’ISF) favorisent le haut de la pyramide sociale. Ses accents industrialistes, mais aussi protectionnistes, lui permettent, dans le même temps, d’être entendu des milieux ouvriers. Il défend donc le haut et le bas de la société, au nom d’une vision qui évoque le « conservatisme compassionnel » des conservateurs américains : il faut encourager les « riches » à investir, de façon à redonner du travail au plus grand nombre.

Conception revancharde de l’histoire

• Ce sont là deux modèles – encore qu’à les écouter il n’y en aurait plus qu’un seul : la social-démocratie du nord de l’Europe ! – parfaitement cohérents et défendables. D’autant plus qu’ils ont en commun de vouloir réformer le pays. A ceci près que l’addition des propositions concrètes de Nicolas Sarkozy (une certaine idée de la fiscalité, des déductions diverses, notamment pour faire une France de propriétaires, des primes pour les heures supplémentaires) peut être source de nouvelles inégalités et aboutit à favoriser les plus favorisés. Au reste, le vote des beaux quartiers (comme, à l’inverse, celui des cités en faveur de Mme Royal) montre que l’opinion a parfaitement compris le message.

• Ce qui gêne, chez M. Sarkozy, outre un renvoi classique à la vieille lutte des classes, c’est aussi une conception revancharde de l’histoire. Avoir centré sa campagne d’entre-deux-tours sur la dénonciation de l’héritage de Mai 68 est le signe clair d’une volonté de revanche idéologique. Ce qui embarrasse, c’est cette façon d’opposer les « travailleurs » aux « tricheurs », ceux qui se lèvent tôt aux paresseux, comme s’il lui fallait toujours être à la recherche d’un ennemi. Bref, une conception qui antagonise; et qui, à l’inverse, rend crédible la démarche de Mme Royal, laquelle refuse précisément cette dichotomie.

• N’est pas non plus raisonnable la marche arrière que M. Sarkozy nous promet dès qu’il parle de renforcer l’arsenal législatif répressif (déjà largement pourvu) en mettant en cause, par des peines planchers et le recours à l’automaticité des peines, l’un des principes mêmes d’une justice républicaine qu’est l’individualisation de la peine, et l’idée que l’appareil répressif vise aussi à réinsérer. Enfin, la qualité de la relation que Nicolas Sarkozy entretient avec Martin Bouygues, Arnaud Lagardère ou Serge Dassault est la marque d’une puissance potentielle dans les médias qui appelle une vigilance de tous les instants.

• Pourtant, le président de l’UMP a de bonnes chances de devenir le président du pays. Pour trois raisons : en premier lieu parce qu’il a largement réussi son OPA sur les électeurs du FN, ambition voulue, assumée et annoncée depuis 2002 et constamment réaffirmée depuis comme un objectif politique décisif pour la droite; en deuxième lieu parce qu’il a su mobiliser sur l’adhésion à son programme, sa capacité à le mettre en oeuvre et à engager rapidement des réformes, contrairement à Ségolène Royal, dont le vote est pour une bonne part un vote défensif, de protection; enfin, cette adhésion forte est le fruit du travail de refondation de la droite, engagé méthodiquement depuis cinq ans et plus encore depuis la prise de l’UMP par M. Sarkozy.

• Il en est résulté un projet discutable, contestable ou irrecevable, certes, mais cohérent et maîtrisé. C’est sa force et une bonne part de son pouvoir de conviction. Et c’est pourquoi il était absurde de le diaboliser.

Pas de mesures-phares

• A l’inverse, le PS n’a pas su engager un travail de refondation comparable. C’est la faiblesse majeure qui a affecté la campagne de Mme Royal, dont on a pu apercevoir à la télévision qu’elle est, par sa force de caractère, armée pour tous les combats. Elle a eu l’intuition de devoir bousculer l’ordre socialiste, mais elle n’a pu le faire que de façon parcellaire, expérimentale ou improvisée, faute d’un socle solide de réflexion collective préalable, mûrie puis métabolisée par la candidate.

• Il n’y a pas, dans l’arsenal qu’elle présente, de mesures-phares comparables, par leur effet, à ce que furent pour Lionel Jospin version 1997 les 35 heures ou les emplois-jeunes. Et, chemin faisant, les socialistes n’ont pas aperçu que l’idée même que les Français se font du « changement » a… changé ! C’est ce que Nicolas Sarkozy a pu récupérer (et masquer) avec son discours sur la valeur travail.

• Il faut donc d’urgence, pour la clarté et la dynamique du débat démocratique, renouveler la pensée de la gauche. La mondialisation reste vécue comme une menace et diabolisée comme la cause de tous nos maux; seule la face négative de cette révolution planétaire est prise en compte et dénoncée. La gauche réformiste doit repenser de façon moderne le changement social. Elle doit sortir de l’impasse idéologique dans laquelle elle s’est trop longtemps enfermée. C’est pour elle la seule manière de retrouver sa vocation historique : incarner le mouvement, le changement et l’espérance, l’optimisme sur l’avenir.

• Ségolène Royal a esquissé un « désir » de changement, tracé une perspective. Sa défaite, surtout si elle était lourde, plongerait inévitablement le PS dans les règlements de comptes, le retour en force de tous les archaïsmes et de toutes les utopies négatives. Sa victoire lui donnerait l’autorité pour engager ce travail de réinvention indispensable. C’est un pari. Pour le pays, il mérite d’être tenté.

Jean-Marie Colombani

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